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mardi 21 janvier 2014

1959 : Les îles s'enfuirent, roman



Publié en 1959 aux Éditions Psyché, collection « Romans ».
236 pages.

Quatrième et dernier roman de la série Les Atlantides.

L'ouvrage est dédié « A / M. Roger JEANNIN, / Commissaire principal / de la Police de l'air. / Amicalement, / M. C. »

Quatrième de couverture.



Table des matières :

I. L'Accident
II. Mademoiselle Gensac
III. La famille Dupont, le Prince et Darmstadt
IV. Le Violoniste et la Polonaise
V. Mère et Fille
VI. P. S.


1957 : Tes yeux m'ont vu, roman



Publié en 1957 aux Éditions Hautefeuille (Caractères) et le Club des Amis de Maryse Choisy.
144 pages.

Troisième roman de la série Les Atlantides.

 L'ouvrage est dédié « A Albert DUCROCQ / le magicien de la science nouvelle qui a ionisé ce roman / En toute amitié, / M. C. ».

1957 : Le Serpent, roman



Publié en 1957 aux Éditions Hautefeuille (Caractères).
480 pages.

Deuxième roman de la série Les Atlantides, quatorze ans après Le Thé des Romanech qui est alors intégré à cette série après avoir appartenu au Sang des Fabre.

En exergue, sur la page de titre, trois citations de Léon Bloy, Charles Péguy et le Prof. Marrou.

Sur notre exemplaire, les noms d'éditeurs sont biffés par Maryse Choisy elle-même. Sur la page de titre, elle corrige par « Psyché romans ». Est-ce par ce geste que l’œuvre romanesque de Maryse Choisy fit son entrée aux éditions Psyché ?




Table des matières :

PREMIÈRE PARTIE
I. Don Juan et Cléopâtre
II. Le Noyau Humain
III. Ce qu'on n'ose pas nommer
IV. Le dîner de l'Ambassade
V. La chasse
VI. La maison de l'amour
VII. De la mort à la vie
VIII. Les chaudes nuits de Bénarès

DEUXIÈME PARTIE
IX. Le rendez-vous de Montmartre
X. Tristan et Yseult dans la forêt
XI. Ils quittent la forêt
XII. La fissure
XIII. Les Amants de Venise
XIV. Decrescendo
XV. La prière de Henri VIII

TROISIÈME PARTIE :
XVI. Le sens de la vie
XVII. Les relations humaines
XVIII. Armistices interrompus
XIX. Le Congrès de la charité
XX. Préparatifs
XXI. Un beau mariage
XXII. Le dernier dîner


samedi 18 janvier 2014

1943 - Le Thé des Romanech (Le Sang des Fabre)



Publié en 1943 aux Éditions Jean-Renard.
224 pages.

La série Le Sang des Fabre, inaugurée par ce roman, prendra plus tard un autre titre : Les Atlantides.

Table des matières :

CHAPITRE PREMIER : Arrivée
I. Le Dolmen de Locqmarier
II. Les jumeaux
III. La fêlure
IV. Destin, je suis là
V. Le Barble-bleue breton
VI. Crimes ?
VII. Enquêtes
VIII. Le cabinet secret
IX. Promenade sentimentale
X. Surprises
XI. Le pouvoir des Romanech
XII. L'heure du berger approche
XIII. Une goutte de sang
XIV. Le chêne est malade
XV. Le rêve de Marie
XVI. Le suprême atout
XVII. Les notabilités arrivent
XVIII. Le plus grand amour ?

Publicité parue dans  
Le Matin, 1er juillet 1944


1942 : Le Portrait de Juliette Delmet, roman



Publié en 1942 aux Éditions Jean-Renard.
196 pages.


 Le livre et la critique :

Joseph Brandicourt in Fiches bibliographiques du Centre d'études de recherches de science religieuse, avril 1943. :

Le talent de Maryse Choisy est divers. Journaliste, ses chroniques et ses reportages, touchant aux sujets les plus variés, sont écrits d'une plume originale et primesautière. Mais Maryse Choisy, à ses heures, n'hésite pas à aborder les grands problèmes de l'éducation des enfants. Enfin, pour laisser reposer sa plume, elle saisit palette et pinceaux et brosse des portraits et des paysages mieux qu'en amateur.
Dans le nouveau roman que Maryse Choisy vient de publier, Portrait de Juliette Delmet, on trouve réunis ses dons variés. C'est une histoire à la fois policière et romanesque, qui se déroule dans un milieu d'artistes. Une leçon morale s'en dégage, de la manière la plus naturelle ; des thèses neuves et hardies sur l'amour paternel ne seront pas sans surprendre quelques lecteurs. Tous trouveront dans ces pages alertes et colorées une saine distraction.

1936 : Le F:. Patouillard, satire



Publié en 1936 aux Éditions Baudinière.
252 pages.


Table des matières :

Petite explication préliminaire
CHAPITRE PREMIER : Un dîner chez Mme Lévy de Cantal
II : L'initiation du Frère Patouillard
III : Comment fut formé le Ministère de la « Solidarité Auvergnate »
IV : Le mariage de Mlle Emma Patouillard
V : Comment Dufouilloux établit son fils et rétablit la maison de Lévy de Cantal
VI : J'entre dans « Fraternité intégrale »
VII : Les frères Patouillard, Directeurs d'un Quotidien
VIII : Le secret des Sociétés secrètes

1934 : La Staviskose, satire



Publié en 1934 aux Éditions Baudinière.
252 pages.


Table des matières :

CHAPITRE PREMIER : Où l'on fait connaissance de Patouillard II
II : L'élection de Napoléon Patouillard dans le XXVe arrondissement
III : Où l'on fait connaissance de M. Alexandre
IV : Mon premier soir à l'Hôtel de Ville
V : Patouillard frères, tripatouilleurs
VI : Où l'on apprend que Napoléon Patouillard est cocu
VII : Parodies de pouvoir et pouvoir
VIII : Vingt-quatre heures de chute ministérielle
IX : Uniprix et autres patouillarderies
X : La fin d'un aventurier
XI : Le grand scandale
XII : Un peu d'histoire...

Publicité en première page du Matin, 26 mars 1934.




1933 : Un mois chez les députés, reportage fantaisiste



Publié en 1933 aux Éditions Baudinière.
252 pages.


Table des matières :

I. La Faune des couloirs
II. Petit guide à l'usage des débutants pour se retrouver parmi les dix-sept partis politiques de la Chambre
III. L'élection de Jérôme Patouillard
IV. Voyage autour de la Chambre
V. Le Fric vous parle
VI. Les scandales de la saison
VII. Patouillard ministre

Publicité (Le Jardin des Lettres, novembre 1933)
Publicité (Le Matin, 16 octobre 1933)


1933 : Don Juan de Paris, roman



Publié en 1933 aux Éditions Ernest Flammarion.
250 pages.

Ouvrage dédié « A M. André de Fouquières ».

En exergue, sur la page de titre, une citation de George Clémenceau : « Ou la liste civile ou celle de Don Juan ».


Table des matières :

PREMIÈRE PARTIE : Deauville
Première nuit
Deuxième nuit
Troisième nuit
Quatrième nuit

DEUXIÈME PARTIE : Paris
Première journée
Deuxième journée
Troisième journée
Quatrième journée

TROISIÈME PARTIE : Intermezzo
I. Quinze jours ou une idée en marche
II. Lettre entre jour et nuit, entre ciel et terre

QUATRIÈME PARTIE : Le chemin du ciel
I. Vingt-quatre heures en l'air
II. Vingt-quatre heures en chambre

Publicités parues dans Le Matin (août 1933)


Le livre et la critique :


Pierre Descaves in L'Européen n°226, 8 septembre 1933, p.3 :

Il y a deux choses dans le dernier ouvrage de Mme Maryse Choisy : un très médiocre roman, un essai absolument original. Les deux plans ne se rejoignent jamais et le livre donne d'un bout à l'autre cette regrettable impression de déséquilibre. On le regrettera d'autant plus que Don Juan de Paris contient des notes, des formules, des réflexions remarquables, d'une psychologie très fine et d'une portée souvent profonde. Dans un sens, ce roman est une contribution à cette « enquête » sur le don juanisme contemporain qu'ouvrit avec tant de maîtrise M. Marcel Barrière.
« Il n'y a plus de don Juans, dit un des personnages de Don Juan de Paris, parce qu'il n'y a plus d'hommes oisifs. En 1933, on n'a pas de temps pour les grandes passions. »
Un autre jeune homme, champion de saut en longueur, déclare pour sa part :
« Une génération sportive comme la nôtre ne possède pas de Don juans. »
L'actualité et le fait divers le plus récent ont assez tragiquement illustré cette constatation pour qu'on n'y insiste pas.
A la suite de ses héros, Mme Maryse Choisy nous invite à un voyage qu'on peut dire à trois dimensions, puisque nous allons à Deauville, à Paris... et dans le ciel. L'avion a décidément droit de cité littéraire et figure désormais dans tous les bagages romanesques. L'artifice, avec Mme Maryse Choisy, est toujours un peu gros, la note un peu forcée, et on n'en est pas, avec elle, à une invraisemblance près.
Mais tout cela est racheté par le goût très vif des idées générales et le sens de les exprimer. L'auteur de Don Juan de Paris est un moraliste qui s'ignore, et son intérêt serait de cultiver cette veine où tout devrait, d'instinct, la porter.

Françoise Verdier in L'Africain n°187, 15 octobre 1933, p.3 :

Une promenade dans les coulisses mondaines et politiques de Paris. Un homme qui ne se contente pas de conquérir un corps, mais veut un cœur. Maryse Choisy avec sa brutalité et sa sexualité ordinaires a fait là un livre qui ne plaira pas à tout le monde par son cynisme trop « mis en vitrine ».

Maurice Randoux in Journal des Mutilés n°873, 22 octobre 1933, p.4 :

Nicole Marly, célèbre femme-peintre – célèbre par ses tableaux, ses amours, ses scandales – maîtresse du président du Conseil. Elle voudrait connaître Don Juan. C'est pour lui résister.
Mais voici Don Juan. Robert Lestang, don Juan très moderne :
A partir de vingt-cinq ans, il avait su entourer sa vie intime d'un tel mystère qu'il échappait aux femmes mêmes qui y participaient. La conquête d'une femme, il l'entreprenait pour sa propre joie secrète et non point par vanité sociale. Très souvent, il se contentait du triomphe moral.
La résistance de Nicole, habile et ferme, ne sera pas de longue durée. Et Robert l'aimera, elle seule :
Don Juan est pur et fidèle. Il est fidèle tant que dure sa passion. Et il voudrait qu'elle dure toujours... Entre cœurs très grands, très sûrs d'eux-mêmes, les serments d'amour sous-entendent dans tous les cas l'immortalité. La monogamie est un article de foi de Don Juan. C'est sa caractéristique et sa supériorité. Le polygame est tout le contraire du séducteur. Don Juan n'existe pas chez les Mahométans.
Après Deauville, Paris. La rentrée du Parlement. La jalousie qui grandit dans le cœur de Nicole qui, « femme jalouse comme toutes les autres femmes... devient insupportable, pessimiste ». Elle essaie de peindre un immense panneau : Le Dictateur, dictateur qui aurait naturellement les traits de Robert... Mais « la vie tue l'art. Nicole voudrait pleurer, mordre, griffer, bondir. Elle recommence trois toiles. Elle se fâche. Elle jette les pinceaux. »
Pendant que Robert fait en Corse un voyage de propagande politique, Nicole, qui ne reçoit aucune lettre de son ami, prépare une traversée de l'Atlantique en avion.
Robert est rentré. Elle attend toute la nuit un coup de téléphone. Il en vient un, à l'aube : « Conditions atmosphériques excellentes ». Et de Nicole, qui part aussitôt, l'on n'aura plus jamais de nouvelles. Peu à peu, Robert Lestang sera ministre de l'Air.
Telle est la trame de ce roman, où la finesse et l'originalité de la psychologie amoureuse sont servies par un style trépidant, aux images hardies et neuves. Mais il ne saurait trouver sa place dans la bibliothèque familiale, où viennent en liberté puiser les enfants. Évidemment..

Jean Séval in Le Concours médical n° 42, 21 octobre 1934, p. 2892 :

Style cru, roman cru, du Freud cru. Brochant le tout, un gigolo, qui paraît ressembler assez fidèlement aux tristes pantins désoeuvrés de notre après-guerre.

vendredi 17 janvier 2014

1932 : Le Veau d'Or, reportage-roman



Publié en 1932 aux Éditions de la Nouvelle Revue Française, collection « Les Livres du Jour ».
264 pages.

Ouvrage dédié « A Monsieur le Président Édouard Herriot »

En exergue, une explication de Maryse Choisy sur le genre « reportage-roman » et une citation d’Édouard Herriot.


Table des matières :

CHAPITRE PREMIER : Le temple de la vraie foi
CHAPITRE II : Le temple du plaisir
CHAPITRE III : Le temple de la vérité
CHAPITRE IV : Sir Herbert Silberstein
CHAPITRE V : Le temple du snobisme
CHAPITRE VI : Une tournée de grand-duc de la finance
CHAPITRE VII : Louis Brutinel ou l'histoire financière des trente dernières années
CHAPITRE VIII : L'arrestation de Séraphin Bayle
CHAPITRE IX : Nuits sans sommeil
CHAPITRE X : Le temple du jeu
CHAPITRE XI : Les tribulations d'un empereur du milieu
CHAPITRE XII : La confusion des langues
CHAPITRE XIII : Le renard aux abois
CHAPITRE XIV : Crépuscule d'or
CHAPITRE XV : Paris sex-appeal


Le livre et la critique :


? in L'Oeil de Paris n°163, 19 décembre 1931, p. 10 :

Tandis que Frédéric Lefèvre multiplie les Une heure avec..., Maryse Choisy poursuit triomphalement ses Un mois chez... Présentement, elle séjourne parmi les banquiers. Cela va nous valoir de piquantes révélations. Après les fauves, les requins. Espérons qu'ils ne mangeront pas, eux non plus, la dompteuse.
Celle-ci a fait son apparition en Bourse. C'est un événement, car on sait que l'accès du temple est interdit au sexe réputé faible. Mais Maryse Choisy a pris soin d'user d'un travesti masculin tout comme lorsqu'elle alla visiter le Mont Athos. Escortée de quelques intimes, elle a ainsi secrètement forcé la place, allant jusqu'à se faire photographier, carnet en main, auprès de la corbeille !
Quand femme veut...

Benoît Bénin in L'Oeil de Paris, 16 août 1932, p. 12 :

Ce nouveau livre de Mme Maryse Choisy ne manque certes pas de courage. Quelques scandales financiers récents y sont évoqués, ainsi d'ailleurs que les vices, méfaits et crimes permanents de certains milieux financiers. Au point de vue purement littéraire, l'ouvrage a moins de valeur. Chaque  page ou presque rappelle : 1° que l'auteur vient d'être mère ; 2° qu'elle fut l'amie de M. Joseph Delteil pour qui elle a gardé une grande admiration ; 3° qu'elle collabora au journal de Mme Hanau, etc. Il n'est pas un détail de sa vie qui ne lui ait inspiré quelques lignes. Ce défaut est d'ailleurs assez féminin. Des passages très savoureux, d'autres mordants prouvent néanmoins que Mme Maryse Choisy ne manque point d'un certain talent. Mais pourquoi avoir dédié son livre à M. Edouard Herriot ?

Françoise Verdier in L'Africain n°128, 26 août 1932, p.7 :

Maryse Choisy, la plus audacieuse de nos femmes de lettres, est l'auteur des reportages les plus sensationnels. Elle a passé « Un mois chez les hommes », « Un mois chez les filles », « Un mois chez les bêtes », voilà qu'elle a passé aussi un mois ou plus parmi les financiers.
On sent qu'elle a beaucoup écouté, beaucoup observé... et aussi beaucoup retenu. Ce monde de la finance, si mystérieux, si plein d'autorité, on dirait qu'elle en a pénétré les secrets, et elle ne laisse pas de nous en dévoiler quelques-uns dans un style chaud et brutal, qui a quelque chose d'inquiétant, de sympathique comme l'auteur elle-même.

John Charpentier in Mercure de France n°845, 1er septembre 1933, p. 417-418 :

Il est abondamment question de maisons closes dans Le Veau d'or, par Mme Maryse Choisy ; et pourtant, les personnages de ce livre, des sommités de la phynance, comme disait le Père Ubu, devraient avoir les moyens de s'offrir des distractions moins démocratiques. On sait (par un précédent ouvrage) que l'auteur connaît bien ce dont elle traite ; mais elle en traite avec l'effronterie intarissable qui, le plus souvent, est un gage d'incompétence. Elle entre comme un âne dans un moulin dans le plus intime des personnalités les plus fermées à la curiosité qui soient et les mieux défendues. Elle pose pour les gros mots et l'image obscène, comme les ingénues qui jouent les rouées et routières afin de vous tirer l’œil. Ce défaut, superposé aux tics professionnels de la journaliste : épithète exagérée pour forcer l'attention, puissance à systématiser un ensemble, clarté qui n'est que bavardage superficiel, font d'elle une piètre romancière. On voit vaguement le financier Brutinel triompher du financier Silberstein et le contraindre à se suicider en se laissant tomber d'un avion (nous connaissons cela), puis se trouver si sot de n'avoir désormais nul travail l'occupant, qu'il se réfugie contre l'ennui dans les lieux de délices précités. Noms et incidents à clef, ou qui voudraient bien qu'on les crût à clef. Une Mme Pernod intervient là dedans avec l'à-propos du cheveu dans la soupe ; et, autant que j'aie compris, nous, gens de peu, devrions lui tresser des couronnes parce qu'elle tentait de nous libérer de la féodalité des banques qui, du reste, va mourir (pas moins). Il vaudra mieux que Mme Choisy s'en tienne, dorénavant, aux reportages, si elle ne veut pas perdre le petit renom qu'ils lui avaient gagné.

Ch. Bourdon in Revue des Lectures n°9, 15 septembre 1932, p.1042 :

I. — Romans mauvais, dangereux ou inutiles pour la généralité des lecteurs. — Maryse CHOISY, Le Veau d'or, Nouvelle Revue française. [...]
Mme Maryse Choisy, dont on connaît les singuliers reportages, vient de publier un « reportage-roman » qui a plus de prétentions et a demandé plus d'étude, Le Veau d'or.
Sous couleur de peindre les milieux financiers, elle a esquissé le portrait, ou plutôt la charge, de banquiers et de politiciens connus, auxquels elle a généreusement prêté les pires malhonnêtetés et les mœurs les plus abominables.
Ne désignant ses tristes héros que sous des sobriquets de son choix, elle a pu accumuler sur quelques têtes bien choisies toutes les ignominies.
C'est proprement immonde. Cela dépasse tout ce qu'on peut imaginer. Comment une femme peut-elle, ose-t-elle ?
« On doit le même outrage, disait-on jadis en vers pompiers, aux femmes sans pudeur qu'aux hommes sans courage ». Que dire d'une femme qui trempe sa plume dans de telles ordures ?
Or, le livre est partout en vente. Et il ne se trouvera personne, en France, ni parmi les parlementaires, ni parmi les pères de famille, pour en exiger l'interdiction immédiate...

F.R.D in La Semaine à Paris, 16 septembre 1932, p. 34 :

Mme Maryse Choisy est intelligente et sensuelle : l'émoi de la finance devait l'attirer. Et voici un ouvrage remarquable dans le dédale de la Bourse et les arcanes des grands financiers. Bréviaire d'aujourd'hui. Rythme, halètement des millions qui passent, des maisons qui sautent. Une passion : l'argent, et sa course facile. La chute est facile aussi. Maryse Choisy fait œuvre d'excellent journaliste.

Paul Martignon, in L'Archer n°9, novembre 1932, p.357

A part quelques esprits timorés qui pourront trouver dans ce nouveau roman de Maryse Choisy des pages ou des mots un peu raides, Le Veau d'or suscitera de réelles curiosités. Ce n'est pas à proprement parler un roman écrit selon le « Codex » littéraire. Plutôt une suite de tableaux agencés par des traits d'union assez factices ; kaléidoscope des gens de la finance, de la politique, une vue d'ensemble sur les grands problèmes dits internationaux et qui se résument à des batailles cruelles entre gros financiers. On reconnaît au passage des noms connus, très parisiens, très cosmopolites... L'auteur n'a pu les désigner par leur nom, mais le suicide de Silberstem, de la sociétaire Reyna, la détention arbitraire — paraît-il — de Mme Ponod, rappellent des événements récents.
Mais ce que l'on trouvera dans le Veau d'or, c'est le sens aigu, ironique et subtil d'observation, c'est surtout une langue claire, imagée, brutale comme un coup de gong. Ce roman fait songer à Zola et à Dostoïewski, dit le communiqué. A Zola, peu, le style de Mme Maryse Choisy est infiniment plus léger ; au romancier russe, davantage, car toutes ces figures d'une humanité riche et sadique ne sont pas belles. C'est un livre infiniment triste, infiniment vrai... hélas !

jeudi 16 janvier 2014

1930 : Le Vache à l'âme, roman



Publié en 1930 aux Éditions du Tambourin.
216 pages.

En exergue : « Je dédie ce livre à tous ceux qui auront trente ans en 1930. Je dédie ce livre à mes frères et sœurs en génération. A bas les grincheux ! Moi, j'aime ma génération. D'abord parce que c'est la mienne, ensuite parce que c'est la génération de la ligne droite. Ceci est ma contribution au centenaire du romantisme. / M. C. »


Table des matières :

CHAPITRE PREMIER : Feu !
CHAPITRE II : Neuf portraits en quête d'une héroïne
CHAPITRE III : Instantané du héros
CHAPITRE IV : L'arc bandé
CHAPITRE V : Amour d'avant-garde
CHAPITRE VI : Triangle scalène
CHAPITRE VII : Neuf portraits en quête d'amour
CHAPITRE VIII : Larves et larmes sur une robe nouvelle
CHAPITRE IX : Un fantôme romantique
CHAPITRE X : Triangle isocèle
CHAPITRE XI : Triangle équilatéral
CHAPITRE XII : 1830 et 1930
CHAPITRE XIII : Modus vivendi
CHAPITRE XVI : Une porte ouverte
CHAPITRE XVII : Affaire classée
CHAPITRE XVIII : Le talent de Sherlock Holmes


Le livre et la critique :


? in La Correspondance d'Orient, avril 1930, p.171 :

Des poèmes très brûlants d'aujourd'hui. Une conception neuve de l'amour. Une intrigue dans un style direct, cinématographique, géométrique, vivant et violemment coloré, le style à cheveux courts, qui a définitivement classé Maryse Choisy parmi les premiers écrivains de la jeune génération, celle du Vache à l’Âme. Le Vache à l’Âme est le livre du siècle.

Paul Chauveau, in Les Nouvelles Littéraires, 12 avril 1930, p.3 :

En tout cas, on ne peut refuser à Mme Maryse Choisy les apparences forcenées d'une riche nature. Ses curiosités audacieuses, l'emploi publicitaire et, dit-elle, moral, qu'elle en fait lui ont valu l'attention légèrement interrogative — que voulez-vous, les hommes seront toujours les mêmes — de ses lecteurs mâles et l'intérêt un peu pincé, mais non moins affirmé de la plupart de ses lectrices. Avec « Un mois chez les Filles » et « Un mois chez les Hommes », Mme Maryse Choisy paraît bien avoir atteint son but.
Après avoir ainsi édifié les populations sur son courage, voici que Mme Maryse Choisy s'attaque à une intrigue supra-moderne, paraît-il. Avez-vous remarqué qu'en pareil cas, moderne veut souvent dire, qui ne craint rien dans le domaine des mœurs ? Et l'excellente personne résume le tout en affirmant que le vague à l'âme des temps romantiques doit aujourd'hui s'appeler le vache à l'âme. Le vache à l'âme, c'est un titre qui force l'attention comme tout ce qui choque le goût.
En somme, Mme Maryse Choisy a fait un livre d'une ardeur soigneusement entraînée, abondant, confus, fatigant, concerté sous les apparences exaltées d'une perpétuelle inspiration. En transe sur le trépied, s'accompagnant d'une musique de Delteil, vaticinant sur la violence comparée de la passion en 1830 et en 1930, elle est amusante, mais pour des raisons qui sont pas celles qu'on escompte. Et puis, son livre présente un autre intérêt : il peut servir à étudier, comme au microscope, tous les défauts, les excès, les manies, les outrances de M. Delteil.


John Charpentier, in La Quinzaine littéraire des livres et des revues, 25 avril 1930, p. 86 :


Mme Maryse Choisy a voulu rajeunir, ici, j'imagine, le drame George-Sand-Musset, pour montrer qu'en fait de romantisme, plus ça change, plus c'est la même chose... Il y a, en effet, dans son roman un homme et une femme de lettres qui badinent (est-ce badiner qu'il faut dire ?) avec l'amour, et un Italien, qui n'est pas docteur, mais qui joue le rôle de Pagello. Au vague à l'âme, on a substitué le vâche à l'âme, il est vrai. Mais on a beau être cynique, se tolérer toutes les infidélités et se soumettre – je dirai, par euphémisme, à toutes les épreuves – la jalousie ne perd pas ses droits. Le sang coule dans le roman de Mme Maryse Choisy, qui débute comme un feuilleton, mais comme un feuilleton loufoque, et qui parodie ou pastiche à s'y méprendre le style de M. Joseph Delteil. Mme Maryse Choisy veut faire scandale. Y réussira-t-elle ? Oui, si son livre tombe entre des mains naïves. Autrement, elle incitera à sourire les plus indulgents qui regretteront qu'elle se donne tant de mal, avec du talent, sans doute, pour passer à côté de l'originalité véritable.


John Charpentier in Mercure de France n°765, 1er mai 1930, p.659 :

Qu'on veuille rivaliser d'extravagance ou d'audace avec M. Delteil, cela semble une gageure. Tel est, cependant, le propos de Mme Maryse Choisy qui, dans Le vache à l'âme, refait à sa manière Elle et Lui pour confronter les deux romantismes, celui de 1830 et celui de 1930. Il y a un couple d'écrivains dans Le vache à l'âme comme dans Elle et Lui, et aussi un Italien qui joue le rôle de Pagello... Mais il s'en faut que Mme Maryse Choisy écrive comme George Sand (et je ne dis pas cela pour humilier George Sand...) Je le répète : Mme Maryse Choisy pastiche Delteil. Elle a l'air de le parodier. M. Delteil disait de je ne sais plus quelle artiste : elle peint avec ses seins. De son héroïne, Mme Maryse Choisy dit : elle écrit avec son sexe. Voilà le ton. Sans doute, Mme Maryse Choisy se propose-t-elle d'épater le philistin. Qu'elle y réussisse ou non, ce n'est pas notre affaire.