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dimanche 14 juin 2015

Un mois chez les filles : une réédition bâclée






On réédite Maryse Choisy et c'est bien. Largement oubliée depuis sa mort en 1979, Maryse Choisy mérite d'être redécouverte. Pour cela, les éditions Stock ont choisi de reprendre Un mois chez les filles, l’œuvre du scandale et du succès, que l'auteur, onze ans après sa publication en 1928, retira du marché pour des raisons qu'on ne saurait résumer ici.
Nous nous attendrions donc à ce que l’œuvre autant que l'auteur soient dignement présentés. Il y a tant à dire sur ce parcours singulier et sur ce livre expérimentant le genre du « reportage vécu  ».
Que constatons-nous ? Une petite préface de cinq pages, bourrées d'erreurs, de confusions, d'approximations, se contentant souvent de recopier des morceaux d'autres articles, ... Bref, du travail bâclé, sans respect ni pour l'auteur ni pour le travail de l'historien et le métier de l'édition.

Dès la première phrase, le choc est rude :

« Née en 1903 à Saint-Jean-de-Luz, Maryse Choisy grandit dans un château, élevée par ses deux tantes, dont Robert Aron suppose que l'une d'entre elles fut en réalité sa mère.  »
C'est faire peu de cas de sa tante la comtesse Anna de Brémont qui, seule, prit en charge la petite Maryse... Cela est pourtant clairement raconté dans Mes enfances...(et d'ailleurs, « la seule tante éternelle était Tante Anna. », p.29). Mais peut-être la préfacière n'a-t-elle pas lu le premier volume de ces mémoires et s'est-elle contentée de reproduire l'erreur de l'article de Paul Aron ?
Oui, Paul et non Robert Aron ! Ailleurs que dans une préface, on excuserait la méprise en la mettant sur le compte du lapsus... Mais l'erreur est redoublée en note de bas de page... Ah ! le manque de relecteurs et correcteurs dans l'édition contemporaine ! Julia Bracher – dont on apprend qu'elle est « historienne de formation », éditrice et l'auteur de Riom, 1942, réunion des pièces du procès de Pétain contre Blum et Daladier – pensait-elle sérieusement à l'académicien Robert Aron, lui aussi, comme par hasard, historien du régime de Vichy, qui quitta ce monde en 1975 et ne pouvait donc pas signer l'article de 2010 auquel il est fait référence ?
Enfin, Paul Aron – professeur de littérature à l'Université Libre de Bruxelles – est loin d'être le seul à supposer que « tante Anna » était la mère de Maryse Choisy. Pour ne citer qu'un exemple, au lendemain de la mort de celle-ci, Louis Ducla évoque Anna de Brémont « qui chérissait sa nièce (sa fille sans doute) ». Comment, d'ailleurs, ne pas y penser à la lecture des mémoires où Maryse Choisy met tant d'insistance dans le non-dit sur cette question de l'origine ?

« licenciée en philosophie à l'université de Cambridge »
Son parcours universitaire ne s'arrête pas là puisqu'elle deviendra, à 23 ans, docteur ès Lettres et Philosophie...

« Passionnée de psychanalyse, elle sera aussi une des patientes de Freud »
On souhaiterait sur ce point plus de mesure et de scepticisme : la seule source de cette extravagante visite à Freud est le récit qu'en fait, tardivement, Maryse Choisy...

« et fondera un nouveau mouvement littéraire, le suridéalisme, imprégné de cette nouvelle science [la psychanalyse] »
La seule référence à la psychanalyse dans le « Manifeste suridéaliste » (Nouvelles Littéraires, octobre 1927) est cette phrase : « Nous donnons des coups de pied à Freud »... Admettez que c'est très éloigné de l'imprégnation... Ce qui serait pour le moins étonnant en considération de ce que Maryse Choisy dit des effets qu'eut sur elle sa visite à Freud : « J'avais pris tellement peur que pendant dix ans je changeais de trottoir dès que je voyais un psychanalyste. J'étais victime de la psychanalyse sauvage. » (Sur la route de Dieu on rencontre d'abord le diable, p.54)
Il semble plutôt que notre préfacière confonde avec l'autre suridéalisme, celui d’Émile Malespine qui réclame « une conscience réveillée par des inconsciences et cette conscience à son tour modifie les subconsciences. » ( « Manifeste suridéaliste » in Manomètre n° 7, février 1925) .

« Revenant des Indes où elle était partie chasser le tigre »
Ici, Julia Bracher semble se fier à* un article de 1927 dans lequel le journaliste, ayant interrogé Maryse Choisy sur son intérêt pour la chiromancie, rapporte cette réponse : « J'étais allée aux Indes pour chasser le tigre [...] Comme j'avais fait mes études de philosophie à Cambridge, comme je possédais un diplôme universitaire britannique, j'ai donné une série de cours de psychologie à Bénarès. », et l'on comprend donc que ce sont les cours de psychologie qui relèvent du complément de loisir, la chasse au tigre étant l'activité principale et la raison du départ. Or, dans ses mémoires, elle ne parle pas du tout de chasse au tigre et explique qu'elle fut envoyée en Inde par son collège, pour enseigner la psychologie à l'université de Bénarès. Surtout, ce qu'il ne faut pas négliger, c'est que suite à la mort de son maharadja rencontré à Cambridge, il y avait alors une raison toute sentimentale à partir en Inde... Et puis elle étudiait déjà le sanscrit et l'hindouisme... Maryse Choisy consacre près de quinze pages de ses mémoires à ce premier voyage en Inde au cours duquel elle rencontre Rabindranath Tagore et découvre le yoga qui aura une importance majeure dans sa vie. Alors, l'anecdote de la chasse au tigre...
* disons plutôt recopier : ainsi quand cet ancien article fait dire à Maryse Choisy « après avoir publié mon premier roman : Presque, j'ai voulu faire du journalisme », Julia Bracher écrit « après avoir publié un premier roman, Maryse Choisy décide de faire du journalisme » et reprend l'expression « violon d'Ingres » pour parler de la chiromancie (sur ces sujets, les mémoires sont encore une fois plus subtils).

« un premier reportage qu'elle intitule « Mes vendanges au Languedoc » qui dénonce l'exploitation de jeunes filles pendant les vendanges »
N'importe quoi ! De toute évidence, Julia Bracher n'a pas lu cet article, paru dans l'Intransigeant du 22 octobre 1927, qui ne dénonce rien du tout mais présente d'autres intérêts... L'erreur semble provenir d'une incompréhension d'une phrase de l'article de Paul Aron : « [L'article de Maryse Choisy] a probablement été inspiré par un entrefilet paru le 17 août, qui dénonçait l'engagement dans le Roussillon de jeunes filles belges pendant la période des vendanges sous le titre : « Mesdemoiselles, si vous vouliez vendanger ? ».  »

« Alors que, dans les années 1920, les femmes journalistes ne représentent que 3 % de la profession, Maryse Choisy a réussi, à l'instar de quelques rares plumes à se faire un nom. Invitée par le Tout-Paris littéraire, elle est cependant exclue du Lyceum club, équivalent du Jockey Club pour les femmes [...] »
Ici, Julia Bracher démarque l'article de Paul Aron : « les femmes journalistes ne représentent que 3 % de la profession. Quelques personnalités se sont néanmoins distinguées [...] Elle fait partie du Lyceum club [...] qui est l'équivalent féminin du Jockey club. Elle en sera exclue [...] »

« Et puisqu'elle n'envisage décidément pas d'écrire pour la rubrique des « chiens écrasés » »
Maryse Choisy dit exactement le contraire :  « Moi, en 1926 je voulais seulement faire les chiens écrasés. » (Sur la route de Dieu on rencontre d'abord le diable, p.119).
En illustration, Julia Bracher cite un passage de Maryse Choisy, amputé de la phrase ci-dessus ; citation qu'elle a sans aucun doute reprise dans l'article de Marie-Eve Thérenty. Comme référence, elle indique : « Mémoires, 1903-1924. Mont Blanc, 1971 » quand il s'agit en fait de la deuxième partie (1925-1939) de ces mémoires, parue en 1977.

« son reportage [...] s'arrache à plus de 450 000 exemplaires. »
En note, la préfacière précise quand même : « La mention de 450 000 exemplaires vendus apparaît dans les dernières éditions de l'ouvrage », information qu'elle reprend sans doute à l'article de Paul Aron qui a l'avantage d'ajouter : « et même s'il convient de se méfier de l'emphase de la publicité, il est certain que le livre s'est remarquablement vendu. »
On peut non seulement douter de ce chiffre mais également de la réalité de son inscription sur les dernières éditions, en se demandant si ce n'est pas Maryse Choisy elle-même qui a progressivement augmenté ce chiffre. En effet, les indications d'exemplaires vendus dans les listes « Du même auteur » sont à ce sujet troublantes : de 1930 à 1934, cela progresse de 200 000 à 350 000, chiffre qu'on continue à donner jusqu'en 1948 ; en 1949, alors que l'ouvrage a été retiré du commerce dix ans plus tôt, le chiffre passe étrangement à 400 000 ; en 1963, il passe à 450 000, bien que l'ouvrage soit toujours indisponible...

« C'est d'abord pour relever le défi lancé par la femme de son éditeur que Maryse Choisy se décide à raconter la prostitution de l'intérieur »
L'épisode est encore raconté dans la deuxième partie de ses mémoires, p.145 : il n'est aucunement question de la femme de l'éditeur, mais bien d'un éditeur, Fernand Aubier, qui la défie de faire un reportage sur la prostitution. Encore une fois, Julia Bracher recopie une erreur de Paul Aron : « C'est là, dit-elle, qu'elle rencontre Madame Aubier, l'épouse de l'éditeur Montaigne. Suite à un défi de sa part, elle propose de raconter « de l'intérieur » la vie d'une maison close parisienne. »

« Un seul déguisement possible : celui de la prostituée. Maryse devient donc pour un mois l'une d'entre elles.»
A ce moment de la préface, nous plongeons dans un abîme de consternation. Julia Bracher a-t-elle lu le livre qu'elle nous présente ? Non, la solution n'est pas de se déguiser en prostituée et non, Maryse Choisy ne sera pas l'une d'entre elles durant un mois... Le déguisement principal, et celui par lequel elle collecte l'essentiel de ses informations, est celui de la femme de chambre.
La préfacière, dans son habitude, qui nous est maintenant familière, de recopier les autres, reprend certainement à son compte, en le comprenant de travers, ce passage de l'article de Marie-Eve Thérenty : « le déguisement idéal étant – bien entendu – celui de prostituée ».
Si Maryse Choisy se déguise bien à un moment en prostituée, ce n'est qu'un interlude (de 7 pages) en attendant qu'on lui trouve une place de femme de chambre.
Au fait, puisqu'il est question de ces déguisements, il existe quelques photographies de Maryse Choisy en tenue de femme de chambre : n'aurait-il pas été préférable d'utiliser l'une d'entre elles pour la couverture, plutôt que cette photographie de mode de Boris Lipnitzki, représentant des mannequins du couturier Jean Patou... ?

Considérons ces passages :
1) « Mais jusqu'où Maryse est-elle prête à creuser les bas-fonds ? Cette exposition du corps de la journaliste participe, à l'évidence, au suspense de l'ouvrage. Le lecteur d'hier et peut-être d'aujourd'hui se demandera si Maryse Choisy franchira le seuil de la chambre à coucher ou si elle risqua quelques dangers. »
2) « Outre le déguisement, elle n'hésite pas à appâter le client sur le « promenoir » de l'Olympia, entrer comme femme de chambre dans une maison de rendez-vous, et devenir sous-maîtresse chez Ginette puis danseuse de salon dans un bar lesbien. »
Et comparons-les avec ceux-ci tirés de l'article de Marie-Eve Thérenty :
1) « un succès qui s’explique plus sûrement par le suspense maintenu jusqu’au bout du reportage. Jusqu’où la reporter est-elle prête à aller pour assurer la véracité de l’enquête ? Le succès du reportage repose généralement sur le corps exposé et mis en danger du reporter. »
2) « Elle se déguise en prostituée pour faire quelques pas sur le « promenoir » de l’Olympia et y appâter le client, entre comme femme de chambre dans une maison de rendez-vous parisienne puis comme bonne dans un bordel normand à la tonalité très maupassantienne ; elle est sous-maîtresse dans le claque « chez Ginette », danseuse de salon pendant huit jours dans le bar lesbien « Le Fétiche » »

« Maryse Choisy n'est cependant pas ce qu'on appelle déjà une féministe »
En démonstration de ce jugement, Julia Bracher recourt à une citation de Maryse Choisy : « On eut beau m'expliquer toutes les injustices et que la femme n'avait pas le droit de voter [...] je ne fus jamais féministe. [...] Mes sœurs, les autres ? Ce n'étaient pas mes sœurs. J'ai connu trop de filles idiotes. Devais-je me battre aussi pour les médiocres ? Ce ne pouvaient être là ma mission. Seules les élites m'exaltaient. »
Le souci, et ce que Julia Bracher n'indique pas, c'est que ce passage est tiré d'un chapitre de ses mémoires intitulé « Réactions d'adolescente (déjà) », dans lequel elle parle du féminisme naissant durant la Première Guerre Mondiale, auquel elle fut insensible. Cette citation exprime donc la pensée d'une jeune fille de 13 ans...
Comment ne pas admettre qu'à l'époque d'Un mois chez les filles Maryse Choisy est pourtant bien, à sa façon, féministe, et même si elle a pu le nier ? Le « Manifeste du suridéalisme » les romans qui en découlent sont hautement féministes ! Comment ne pas voir que la vie de Maryse Choisy, dès le plus jeune âge, est le parcours d'une femme libre ? Alors, certes, elle peut choquer certaines féministes. C'est que sa pensée sur la femme relève d'un féminisme qui n'hésite pas à exprimer des critiques à l'encontre de certaines formes de féminisme et à celles qu'elle appelle les « précieuses radicales ». Le mieux, pour la comprendre sur ce sujet, est de lire certains de ses livres, notamment La Guerre des sexes.

« Maryse Choisy [...] renie son œuvre passée et tente de retirer de la vente tous ses ouvrages, dont celui qui avait tant fait pour sa gloire. »
Non, ce n'est pas tous ses livres qu'elle tenta de retirer du commerce en 1939, mais trois de ses reportages : Un mois chez les filles, Un mois chez les hommes et L'Amour dans les prisons. Une dizaine d'autres livres restaient disponibles.


Au final, rien de bien intéressant n'est exprimé sur le livre lui-même, alors qu'il y aurait tant à dire, notamment en comparaison avec l’œuvre future. Maryse Choisy elle-même, dans ses mémoires, y consacre pas moins de quarante pages.
Rien non plus d'essentiel et de bien juste sur Maryse Choisy, dont on ne dit rien de la vie et de l’œuvre après les années de reportage : la psychanalyse, la religion, le yoga, etc.


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*      *


Après une préface si catastrophique, on peut s'inquiéter de la restitution du texte. Trois remarques à ce sujet :

– Dans Un mois chez les filles, Maryse Choisy a la manie de commencer un paragraphe par trois points de suspension. Cela arrive une bonne centaine de fois. Dans la réédition, ces points de suspension ont tous disparu.
– Maryse Choisy met des majuscules à de nombreux noms communs : « C'est l'indicateur des Maisons et Salons de Société, des Maisons de Massage et de rendez-vous de Paris, la Province, les Colonies, des principales villes étrangères. [...] Il est édité par la Chambre Syndicale des Maisons de Société. » Dans la réédition, ces majuscules disparaissent.
– Trois chapitres contiennent normalement des sous-chapitres dont les titres sont précédés d'une lettre : a) Manon ou la femme du monde ; b) Julie ou la fausse mineure, etc. Dans la réédition, les lettres ont disparu et ces sous-chapitres n'apparaissent plus dans la table des matières et donc non plus, en tant que tels, dans le texte.


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*      *


Je n'ai pas su résister à la tentation de scruter la page finale « Du même auteur », afin de voir comment une historienne et éditrice si peu professionnelle allait se sortir de cette tâche bibliographique. Le résultat est, là aussi, édifiant :
Mon coeur dans une formule est indiqué comme paru aux Cahiers suridéalistes quand il s'agit des Éditions Radot (on peut admettre que « Cahiers suridéalistes » était le nom d'une collection, bien que matériellement le livre ne l'indique pas).
Le Vache à l'âme est indiqué comme paru aux Éditions du Tambourinaire au lieu des Éditions du Tambourin : la bibliographie fut-elle conçue par SMS ?
Le Portrait de Juliette Delmet et Le Thé des Romanech sont indiqués comme parus aux Éditions Jean-Renoir aux lieu des Éditions Jean-Renard : peut-être parce que Jean Renoir tourna aussi Le Journal d'une femme de chambre...
Mes enfances est indiqué comme paru en 1947 quand il s'agit de 1971... Notons aussi que toutes les mentions des éditions Mont-Blanc apparaissent sans le tiret.
Yogas et psychanalyse apparaît sans le s à « Yogas »
Les Atlantides est indiqué comme s'il s'agissait d'un livre paru en 1957 quand il s'agit en fait du titre d'une série de romans, parus entre 1943 et 1959 et ayant chacun leur propre titre.
Potala est dans le ciel et Dialogues avec sa Sainteté le Dalaï Lama sont indiqués comme deux livres différents quand ils n'en forment qu'un, le second étant le sous-titre du premier.

Notons qu'à cette bibliographie qui se veut complète manquent au moins huit ouvrages...


mercredi 10 juin 2015

1978 : Sur le chemin de Dieu on rencontre d'abord le diable - Mémoires (1925-1939)






Publié en 1978 aux Éditions Émile-Paul.
370 pages.

Ouvrage dédié « A Philippe de Vermandois / M. C. » 


Quatrième de couverture




Table des matières :

PRÉLUDE POUR UNE AUTOBIOGRAPHIE

Associations libres


PRÉFACE N° 2 : IN CAPITE VENENUM

Ma légende
Mon être


I. DEUX MORTS POUR ENTRER DANS LA VIE

La source à Saint-Jean-de-Luz
La langue chat
Études discontinues
Les premières leçons de sanscrit à Cambridge
Le défi de Cendrillon
Koumar à Saint-Jean-de-Luz
Mes visites chez Freud
Mon rêve analysé par Freud
Associations
La mort de tante Anna


II. L'INDE DANS MON DESTIN

Premier voyage
L'accident
Le thème de la mort
Deuxième voyage
Swami Sivananda
La visite de Chidananda à Paris en 1969
Troisième voyage : 1965
Quatrième voyage : 1970
Cinquième voyage : 1973
Presque, mon premier roman


III. MA QUESTE DANS LE PARIS LITTÉRAIRE (1925-1927)

Liturgie chez Paul Bourget
Ma concierge ne croit pas en moi
Que choisir ?
Les mardis du Mercure de France
La chandeleur avec Rachilde
Le jugement premier
Le sacrifice des cheveux
Un mariage idéal ?
J'entre à l'Intran sur la pointe des mains
Les vacances à la maison d'Essonnes
Le scandale de la Closerie des Lilas
Le Manifeste suridéaliste
Ma saison dans les coucous
Pourquoi je n'ai pas eu le Prix Fémina


IV. HISTOIRE DE "UN MOIS CHEZ LES FILLES"

Mes premiers pas dans la grande aventure
Mes débuts de femme de chambre
Le passé de "Un Mois chez les Filles"
Le présent de "Un Mois chez les Filles"
L'attitude tolstoïsante
L'attitude Louys-Carco
Les religions de l'utérus
Ionisation et yonisation
Prostitution sacrée
Aimer son prochain
La dégradation de la danseuse sacrée
La chute en Europe
La fermeture des maisons
La prostitution des rues
Le complot des proxénètes
Prostituées 1975
Du sacerdoce au marketing
Le recyclage
Pourquoi le scandale ?
Séparation des genres
Le futur de "Un Mois chez les Filles"


V. RIEN QU'UN MOIS CHEZ LES HOMMES


VI. LA FIN DE L’APRÈS-GUERRE

Les ongles rouges
Les sans chapeaux
Coiffure à la Chateaubriand
La résille
La variété des années 30
Le Vache à l'âme
Mes fiançailles avec le comte Jacques de ...
Psychanalyse moins sauvage
L'avènement du neutre
Le poltergeist


VII. LES INTERSIGNES DE L'AVANT-GUERRE

Portrait d’Édouard Herriot
Mes animaux et moi
Deux mois dans une ménagerie foraine
A l'exposition coloniale : le zoo de Vincennes
Entre la pipe et le goupillon
Les partis des années 30
Le Versailles de la Troisième République
Je deviens journaliste parlementaire
Comment devenir ministre
L'ancien député
Au pays des aveugles les borgnes sont pendus
Le nombre en politique
Le nombre en littérature
Ne frappez pas les ministres qui tombent
Une nuit de crise
Les grands hommes de la Troisième
Vrai et faux Briand
Les précieuses radicales
Les sénateurs, trop vieux pour des gigolos
Femmes médiocres et femmes de l'élite
Une muflerie sans épithète
Le poids du nombre
Du salon au bistrot
Mon dernier voyage à la Société des Nations


VIII. MA SAISON DU CÔTE DE MOSCOU

Louis-Louis Dreyfus
Marthe Hanau
Colette
Le devoir de frivolité
Le 26 décembre 1933, dans l'ascenseur
Stavisky
Il n'y a pas de chéquards
J'étais à la Chambre le 6 février
Direction Moscou
La grande déception


IX. JE RENCONTRE LE PÈRE TEILHARD DE CHARDIN

Fin d'un cycle
Dieu est partout sauf dans les églises
La rencontre miraculeuse
Samarcande
Petit portrait d'un grand homme
L'un et le multiple
Le problème du mal
Credo
"Dieu est un singe"
Cosmos et collectivité
L'incarnation
Qu'est-ce qu'une hérésie
Prière pour une bonne mort
Le Père Fessard


INDEX DES NOMS

1974 : Potala est dans le ciel - Dialogues avec S. S. le Dalaï-lama





Publié en 1974 aux Éditions du Mont-Blanc.
198 pages.

1971 : Mes enfances - Mémoires (1903-1924)




Publié en 1971 aux Éditions Mont-Blanc.
242 pages.

Quatrième de couverture





Table des matières :

I. Il n'y a pas de commencement...

1. Le temps
2. Le silence et les bruits
3. Rééducation musicale
4. Les angoisses dans le Château
4. L'église et la pâtisserie
6. Le pacte
7. La lecture du Destin
8. Première déception


II. Sous le signe du lion

1. Le lion du Château
2. Le monde des bêtes
3. Les mythes de mes tantes
4. Mes gouvernantes et ma jument
5. Les rires de l'eau et de la jument
6. Le petit cousin qui casse mes poupées
7. Réincarnation, etc.
8. La bibliothèque
9. Une visite à Remy de Gourmont
10. Dix divisé par trois
11. Fleur et frelon


III. Jeanne d'Arc ou rien

1. Que dit le Destin ?
2. Jouer sur deux plans
3. Le Vilain Petit Canard
4. Au pays des aveugles, les borgnes seront pendus
5. Cet autre monde
6. Le Bon Samaritain
7. Le journaliste croquemitaine
8. Jeux
9. Etudes en vrac
10. Qui suis-je ?
11. Vocation


IV. Le destin des bonbons

1. Les questions tabou
2. Patience et patiences
3. La poule apprivoisée
4. Les soixante robes de tante Anna
5. Les jardins de Monte-Carlo
6. Études discontinues
7. Celles qu'on ne voit pas à Deauville
8. La villa de la Côte Dalmate
9. Les "Moustachus"
10. Les vaches sacrées
11. Théorie et vie


V. Paris, la ville où l'on étouffe derrière un Coromandel

1. La ville sans étoiles
2. L'éblouissement de Gabriele D'Annunzio
3. Paul Cambon dans la nursery
4. Barrès et Jaurès
5. Romains et Grecs
6. Les deux bandes
7. Le sens de la démocratie
8. L'illumination


VI. Mon premier amour

1. Cours de danse
2. La rencontre avec Robert
3. Est-ce la première fois ?
4. Vivre devant lui
5. Ma dent de lait
6. Jeanne d'Arc, le plaisir du guerrier ou Béatrice
7. Les amoureux de Venise
8. Le ciel dans le canal
9. La Walkyrie
10. L'agonie d'un monde


VII. La mue

1. La curiosité de la guerre
2. La mort de Joseph
3. Variations sur le courage
4. Mes premiers vers
5. Seigneur, je suis prête
6. La lampe allumée
7. Pourquoi pas aviatrice ?
8. L'attention à la vie
9. Réactions d'adolescence (déjà)
10. Les morales de guerre et d'amour
11. A chaque amour sa morale
12. Raison d’État
13. Amour et ambition
14. Le bonheur du général Boulanger
15. L'amour subtil
16. La femme et l'homme sacré
17. L'amour platonique
18. Le salut ou la conquête de l'énergie subtile
19. Sage-femme ou femme sage ?
20. Les couples de saints
21. Epoque de transition
22. Les fables mentent


VIII. Les chèvrefeuilles de Girton College

1. L'île inconnue
2. Chaque vision est unique
3. L'étudiante qui ne dormait pas
4. Départ pour Cambridge
5. Promenade à travers Cambridge
6. Chez Girton College !
7. Les leçons de sanscrit chez La Vallée Poussin
8. Mes professeurs
9. Les ex-petites filles
10. Régression
11. Naissance d'un héros
12. Généalogie du héros
13. La séduction du héros
14. Le baiser du héros


IX. Fiançailles

1. Le défi de Cendrillon
2. La rencontre avec Einstein
3. Koumar à Saint-Jean-de-Luz
4. Les voix du Château
5. Le stupide accident


X. Ma visite chez Freud

1. Le malaise permanent
2. L'arrivée chez Freud
3. Dans l'antre de la psychanalyse
4. Qu'est-ce qu'ils en feront ?
5. Mon rêve analysé par Freud
6. La mort de tante Anna

1968 : ...Mais la terre est sacrée




Publié en 1968 aux Éditions du Mont-Blanc.
282 pages.

samedi 8 mars 2014

1970 : La Guerre des sexes



Publié en 1970 aux Éditions Publications Premières, collection « En marge » dirigée par Raymond Abellio.
284 pages.

En exergue : « En tant que femme qui se bat pour les femmes, je dédie ce livre à mon mari qui m'a aidée à devenir moi-même. Nous vivons la paix des sexes. / M. C. ».

Et une citation de J.-J. Bachofen « A notre supériorité physique, la femme oppose sa vocation religieuse ; à nos violences, sa paix ; à nos rivalités sanglantes, son esprit de conciliation ; à nos haines, son amour. »


Quatrième de couverture.


Table des matières :

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE : LE FÉMININ EXISTE-T-IL ?

1. BIOLOGIE ET PHYSIOLOGIE DE LA FEMME
1. Un critère, S.V.P.
2. Cette bonne vieille physiologie
3. Les formes changent
4. On devient ce qu'on se pense
5. Le modèle de Judas
6. Le stéréotype des menstrues
7. Le mythe du sang
8. Conditionnement biologique
9. Les expériences sur les glandes endocrines
10. Bisexualité

2. LA SEXUALITÉ FÉMININE
1. Pourquoi libido au masculin ?
2. Le clitoris
3. Les différentes formes d'orgasme
4. Les corpuscules de la volupté
5. Le vagin
6. Le col de l'utérus
7. Les cinq orgasmes
8. Le rythme des orgasmes
9. Le cinquième orgasme
10. L'orgasme pré-génital
11. L'orgasme extase
12. Les rythmes planétaires

3. LA PHALLOCRATIE DE FREUD
1. L'Oedipe des filles
2. L'anatomie est-elle vraiment le destin ?
3. Les 3 K
4. La femme contre la culture
5. Nous, les F-H-Ames
6. Les professions des femmes
7. Entre deux mondes
8. Les élèves de Freud
9. Les hommes veulent être mères
10. Le mépris et le mythe
11. Le surmoi collectif
12. L'homme marginal
13. C.G. Jung et les archétypes de la féminité

4. SOCIOLOGIE DES RAPPORTS HOMME-FEMME
1. Conditionnement dit « Culturel »
2. Le complot culturel
3. La famille et la horde
4. La gynécocratie
5. La confraternité utérine
6. La paix et l'amour

5. L'ANDROGYNE ORIGINEL
1. Les quatre différences entre elle et lui
2. Les deux modes de la connaissance
3. Valeurs de guerre
4. La guenon de Köhler
5. Les valeurs de merci
6. Les deux modes de masturbation infantile
7. La vie est une faute d'asepsie
8. Où allons-nous ?


DEUXIÈME PARTIE : HISTOIRE DES MÈRES

6. LA GRANDE MÈRE
1. La fonction sacrée de la mère
2. L'adoration de l'arbre
3. Les mots témoins
4. L'arbre-mère de mai
5. Les Vénus de la Gravette
6. La Magna Mater
7. Le passage du matriarcat au patriarcat
8. Les déesses en Israël
9. Habiru et Canaanéens
10. Les Baals
11. L'héritage de la Sophia
12. Les mères

7. DE LA PROSTITUTION SACRÉE A LA PROSTITUTION PROFANE
1. Le sexe prude
2. La lutte contre l'inceste
3. Dionysos et Apollon
4. L'échec d'Oedipe
5. La complicité de la mère
6. L'orgueil de l'homme seul
7. La recherche du plus grand amour
8. L'énergétique sexuelle
9. Le tantrisme
10. Yonisation et ionisation
11. L'utérus contre la mort
12. Le retour à l'utérus
13. La magie sexuelle
14. Courtisanes sacrées
15. L'acte gratuit
16. La scission de l'amour
17. Aimer son prochain
18. L'énigme de la virginité
19. Le délégué du dieu qui rompt l'hymen
20. La danseuse sacrée
21. Ce droit de cuissage
22. L'amour et la haine
23. La castration des prêtres
24. Les Galles de la Grande Déesse
25. Toujours l'androgynat
26. Le grossier et le subtil
27. L'erreur de la chasteté imposée
28. La dégradation du culte matriarcal

8. L'ACTION PSYCHOLOGIQUE DES VAINQUEURS
1. Ce qui fut sera
2. Les muscles et le religieux
3. Le changement de cartouche
4. Le refoulement organisé
5. La « démystification »
6. La couvade
7. Changement de rites et de pôles
8. Le jour et la nuit
9. Le renversement des valeurs
10. Changement de morale
11. L'avilissement de l'amour
12. Derrière la tétralogie
13. Le duel avec le dragon
14. Du taureau crétois au Veau d'Or
15. Les mauvais mariages
16. Les Argonautes
17. Arganatha
18. Les graphiques de Trêve
19. Philémon et Baucis

9. LA VIERGE MARIE
1. La mariologie
2. Qui est Marie ?
3. Elle aurait pu dire non
4. Les valeurs féminines de Marie
5. ... Maintenant et à l'heure de notre mort
6. La vierge androgyne
7. Le culte marial du XIIe siècle
8. Qui était la dame du chevalier ?
9. La dynamique de l'utérus
10. Les cours d'amour
11. La chevalerie
12. La réponse poétique
13. Le dernier éclair du romantisme
14. L'animation réciproque
15. Une muflerie sans épithète
16. La sur-découverte de Dieu
17. Le troisième terme du Verseau

10. LA FEMME DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI
1. La naissance du féminisme
2. Le nouvel esclavagisme
3. L'antinomie du travail féminin
4. En recul
5. L'accouchement d'une ouvrière gauloise
6. Les années sabbatiques de la maternité
7. Les Américaines sont malheureuses
8. Le féminisme violent
9. Le paradoxe des femmes américaines
10. Elles ont voulu être des hommes
11. Le refoulement des valeurs sacrées
12. Qu'est-ce l'antisexisme ?
13. Perdre sur les deux tableaux
14. Indira Gandhi
15. Golda Meir
16. Le défi
17. Le point de vue démocratique
18. La lutte pour le suffrage
19. Le vote est une arme terrible
20. Le point de vue cynique
21. Des cols bleus aux cols blancs
22. Les faits féminins
23. Enfant ou carrière ?
24. La maternité-vocation
25. Les valeurs de la compétition


CONCLUSION
1. Le début et la fin
2. De la bisexualité à l'androgynat
3. Les mythes sexuels
4. L'androgyne de la Genèse
5. L'androgyne Hindou
6. La bisexualité chez Freud
7. La bisexualité chez Jung
8. Le péché de morcellement
9. L'amour platonique et le tantrisme
10. Le mythe des âmes-sœurs
11. La société de violence
12. Choix
13. La paix des sexes est-elle pour demain ?
GLOSSAIRE


vendredi 24 janvier 2014

1966 : Moïse



Publié en 1966 aux Éditions du Mont-Blanc.
334 pages.

En exergue : « Ce livre ne serait pas né si mon vieil ami Bernard Steele n'avait fait jaillir l'étincelle. Il m'a dit : « Avec les clefs que vous avez découvertes dans l'Être et le Silence vous nous devez maintenant l'initiation de l'Exode. »
Par quelle miraculeuse intuition, issue de quelles profondeurs, avait-il deviné que j'étais mûre pour écrire cet ouvrage ? Ainsi Bernard Steele est le père de mon enfant. Je le remercie d'avoir veillé sur ses premiers pas, comme il encouragea la mère les soirs terribles ou le vertige sacré vous saisit devant les hauteurs du Sinaï.
Combien je serais ingrate pourtant et combien injuste si je ne disais toute mon affectueuse reconnaissance à André Chouraqui, dont les conversations érudites ont éclairé mon travail. Pour la mystique juive, il n'est pas de guide plus sûr que l'admirable interprète des Psaumes. Je le remercie infiniment d'avoir bien voulu relire mon manuscrit.
Moïse a toujours eu de la chance.
M. C.
».

Quatrième de couverture : « De Maryse Choisy, on n'attendait pas un Moïse de confection. Elle a dépoussiéré le plus grand personnage de la Bible pour le faire revivre dans sa réalité concrète, et rendre présent à notre temps ce héros de l'aventure humaine.
Prophète, législateur, conquérant. Moïse a délivré Israël captif en Égypte et l'a mené à travers le désert à la Terre promise. Pour des millénaires, il a modelé un peuple et son destin. Il est à la source de trois grandes religions d'aujourd'hui.
Moïse a reçu sa mission de l’Éternel qui lui parle face à face, mais il est un homme pleinement engagé dans la condition terrestre. La mort est pour lui une terrible épreuve, à la mesure de son amour passionné de la vie. Il la surmontera par le « baiser de Dieu ».
Le récit, porté par un style aérien, où le familier se marie à l'insolite et au merveilleux, où tout a la fraîcheur de ce qui est dit pour la première fois, se déroule à la façon d'un conte de fées. Il est, à chaque pas, chargé de symboles. Un commentaire philosophique, qui fait sa juste part à la psychanalyse, en dégage les significations.
Les fidèle de Maryse Choisy retrouveront ici le meilleur d'elle-même : la sensibilité poétique, la chaleur humaine, la vivacité d'un esprit nourri d'une culture encyclopédique.
Pour pénétrer le mystère de la révélation en Israël - qui est, avec l'Inde, un des pôles spirituels de l'humanité - Maryse Choisy se sert des clefs qu'elle a découvertes dans L'Etre et le Silence en interprétant les grands mythes de l'histoire, ces documents de l'âme. Elle taille dans la tradition, pour l'homme de demain, une conception neuve et salutaire de la relation au Cosmos. »

Prix Lamennais 1967 (récompensant un ouvrage de caractère spiritualiste)


Le livre et la critique :

X. Tilliette in Etudes, avril 1967, p. 593 :
Le Moïse marque une date dans la production riche et variée de Maryse Choisy. Stimulée par une suggestion amicale, Mme Choisy s'est enflammée pour la haute figure patriarcale, elle a dépouillé la littérature mosaïque, mais pour secouer ensuite les entraves de la critique et de l'érudition. Elle croit à la sur-vérité des mythes et à leur cumul. On la soupçonnerait même d'en rajouter, si 35 pages de notes et de références ne venaient attester le sérieux du travail préparatoire. Le résultat est un livre à nul autre pareil, un portrait étrangement bariolé, qui saisit et déconcerte à la fois, une œuvre profondément originale dont l'intention est presque initiatique. Là où la Loi avait abondé le merveilleux et le fantastique surabondent. Maryse Choisy a découvert au désert du Sinaï une nouvelle source de Jouvence intellectuelle, et son talent bien connu s'en est trouvé heureusement fertilisé. Ce beau livre aura des suites, n'en doutons pas.

mercredi 22 janvier 2014

1965 : L'Être et le Silence



Publié en 1965 aux Éditions du Mont-Blanc.
516 pages.

En exergue, une citation de Fustel de Coulanges : « Crates disait que sa patrie à lui c'était le mépris de l'opinion des autres ».

Ouvrage dédié « A MAX / En l'année des noces d'argent. / M. C. »


Quatrième de couverture.


Table des matières :

Note liminaire.


PREMIÈRE PARTIE : LES PROBLÈMES


Chapitre premier. L'ANGOISSE DE LA MORT
1. La mort chez les Anciens
2. La résurrection
3. L'angoisse secrète des incroyants
4. Le pari de Pascal
5. Les purgatoires
6. La mort chez les poètes
7. Le refoulement de l'Occident
8. Sentiment d'insécurité
9. La cassure du Moi
10. L'angoisse de la mort dans le T.A.T.
11. Les cinq masques
12. Le jugement de Salomon
13. Le rire : fonction de défense


Chapitre deuxième : LA VIE DANS NOTRE UNIVERS
1. Le point fixe d'Archimède
2. Les quanta
3. Le paradoxe onde-corpuscule
4. Le principe de complémentarité de Bohr
5. L'électron sans causalité
6. Le principe d'incertitude de Heisenberg
7. Énergie et énergies
8. Champs électromagnétiques
9. Particules élémentaires
10. Les particules étranges
11. Le temps renversé
12. La bataille du général chinois
13. L'anti-matière
14. Quanta psychiques ?
15. Principe d'exclusion de Pauli
16. Découvertes de 1964 : grand Oméga moins
17. Nouvelle classification de Gell-Mann
18. L'hypothèse du « tirant de bottine »
19. Ordre et désordre
20. L'entropie
21. La conscience
22. Le zéro
23. La thanatologie
24. Etrifier


Chapitre III : L'HOMME SOCIAL ET L'HOMME UNIVERSEL
1. Conte chinois
2. Qui est coupable ?
3. Conte caucasien
4. Le rasoir de l'homme moderne
5. La peur de la liberté
6. L'action psychologique
7. Adaptation au réel
8. Dialectique existentielle
9. La guenon de Kohler
10. Le problème fondamental
11. Wo Es war, soll Ich werden
12. L'objectif et le réel
13. Les deux réponses


PARTIE II : LES RÉPONSES


Chapitre IV : LES RELIGIONS, LES MORALES ET LES RITES
1. Besoin de morales
2. Dé-gradation des mystiques
3. La prière de Henri VIII
4. La morale des amours de David et Bethsabée
5. Involution
6a. Aller-retour
7. Hou-man ou humanité
b. Évolution vers l'en haut
c. L'en-avant
d. L'oblique géniale de Teilhard
8. La réponse du Verbe
9. Les Écritures
10. La séparation des genres
11. La religion
12. Vir = héros
13. L'âge politico-agressif
14. La domination
15. La colère
16. L'agressivité
17. L'agressivité chez le prêtre
18. La foi
19. La foi sans foi
20. Du révélé au juridique
21. Le problème du mal
22. La souffrance-épreuve des théologiens (Job)
23. La souffrance chez les Hassidim
24. La souffrance-illusion de Ramana Maharshi
25. Le mal chez Teilhard de Chardin
26. Les morales inversées
27. L'art pour l'art
28. Les rites
29. La névrose obsessionnelle
30. Les rites conservent
31. Le cercle se referme


Chapitre V : LE DÉFI DU RATIONNEL
1. Descartes était-il cartésien ?
2. Le temps des angoisses
3. Malentendu abstraction-disponibilité
4. Le retournement
5. Descartes et Bacon
6. L'angoisse cartésienne
7. Le doute méthodique
8. Le mur entre l'abstrait et le vécu
9. Le scientisme
10. Les vérités mortes
11. Le mécanisme de défense des adolescents
12. L'échec de la logique à deux dimensions
13. La gérontologie
14. La caserne des gérontologues
15. The need to be needed
16. Écologie des vieux
17. Qui est floué ?


Chapitre VI : LA PIOCHE DE FREUD
1. Freud vint
2. Le diable qui mène à Dieu
3. Découverte de l'inconscient
4. L'angoisse freudienne
5. Les Parques
6. Le goût du merveilleux
7. Freud et Jung
8. L'homme assis et l'homme couché
9. Les mécanismes de défense
10. Le rationalisme de Freud
11. La recherche de l'immortalité
12. Au-delà des instincts de mort
13. Les disciples de Freud
14. Les deux nirvânas
15. La distance
16. Les rythmes de la croissance
17. La croissance du troisième âge
18. Détachement
19. L'impasse


PARTIE III : LES INITIATIONS


Chapitre VII : ÉROS CONTRE THANATOS
1. Le chien de la Marquise
2. La lutte contre la mort
3. Les rites funéraires
4. Accroissement de vie au seuil de la mort
5. Tristan et Yseult
6. L'orgasme-agonie
7. Le cinquième orgasme
8. L'orgasme-extase
9. L'érotisme sacré de l'Ind
10. Le champ électromagnétique
11. Le cinquième orgasme chez l'homme
12. La magie sexuelle
13. Les sexes devant l'humain et le social
14. L'énergétique sexuelle
15. La sublimation
16. Le Cabda yoga
17. Le mariage sacré
18. L'amour chez P. Teilhard de Chardin
19. Le baiser à Moïse


Chapitre VIII : LA RÉSURRECTION DANS L’UTÉRUS ET LES QUESTES
1. Le destin
2. Traditions
3. Résurrection dans l'utérus
4. Le taureau
5. Le serpent
6. Combat du héros contre le dragon
7. Le héros
8. Le héros solaire
9. HÉRACLÈS
10. Les douze travaux
11. Épreuves dangereuses
12. Les voyages
13. La descente aux Enfers
15. Les pommes des Hespérides
16. THÉSÉE
17. ŒDIPE
18. La fondation de Thèbes
19. La malédiction d'Œdipe
20. La sphinx
21. Le mariage du héros
22. Le complexe d'Œdipe
23. Le commentaire de Nietzsche
24. Les masques de Dionysos
25. La complicité de la mère
26. La théorie de Bachofen
27. L'initiation inachevée
28. LES ARGONAUTES
29. Arganatha
30. ORPHÉE
31. Descente aux Enfers
32. Eurydice et le doute
33. La théophagie
34. L'orphisme yoga du Verbe
35. NARCISSE
36. Mythe de l'advaïta [l'adualité]
37. Le reflet chez Roumi

Chapitre IX : FORCES ET FAIBLESSES DU MONDE MODERNE
1. Initiations sociales
2. Bona Dea
3. L'initiation d'Horace
4. Les Pères de l’Église
5. La chevalerie
6. La réponse poétique
7. Le spectacle
8. L'ange de l’œuvre
9. Initiations modernes
10. Les dieux païens
11. Les idoles anthropophages
12. Le bon sauvage de Rousseau
13. Le sel de la terre
14. Les exercices spirituels des Jésuites
15. Les rêves
16. Les rêves des morts
17. Le Bardo Thödol
18. La dialectique temps-sans-temps
19. Le cas de Maria Goretti
20. Le passé dépassé

PARTIE IV : LES SALUTS ET LA CONNAISSANCE

Chapitre X : LE BAISER DE DIEU
1. Les talents reçus
2. L'un et le multiple
3. Que devient la culture ?
4. Le péché de la connaissance
5. Caïn
6. La passion
7. Le salut à deux
8. Le rythme binaire
9. La nacelle du couple
10. Le portrait de Moïse
11. Universalité de l'expérience mystique
12. L'hésychasme byzantin
13. Mourir avant la mort chez les mystiques rhénans
14. Devenir Dieu
15. L'amour
16. L'amour-participation
17. Rapport entre l'Absolu et le Dieu personnel
18. Les deux amours
19. L'amour est-il possible dans notre civilisation ?

Chapitre XI : LE ZÉRO ABSOLU
1. Le paradoxe de l'anti-matière
2. La mort - une question mal posée
3. Je pense, donc je ne suis pas
4. Le paradoxe de l'intelligence
5. Les sophistes
6. Les techniques de démolition
7. Le roi et l'éléphant
8. Les dix imbéciles qui pleuraient un perdu qui ne s'était jamais perdu
9. L'Atmavicara ou la recherche du Soi
10. Qui suis-je ?
11. L'acteur sur la scène
12. Les dangers
13. La doctrine du vide de Huang-Po
14. Une réponse au problème de la mort
15. La maïeutique de Huang-Po
16. Les mots sont pour les esprits obtus
17. Le raisonnement est une forme d'attachement
18. Transmission
19. Le paravent de Dieu pour ne pas éblouir l'homme
20. Ni carré ni rond
21. Où est l'erreur ?
22. Expérience pré-biographique
23. La libération n'est qu'une étape
24. Via negativa
25. Le renversement
26. La voie glorieuse
27. Correspondance entre les étapes
28. Quand les montagnes sont de nouveau des montagnes
29. La vie commence tout de suite
30. Vers le Dieu sans forme
31. Les idées de Platon
32. Le non-voir
33. Le néant essentiel
34. Nuit = vide
35. La Vie continue dans l'Agapé
36. La vérité est le premier mensonge
37. L'échec existentialiste
38. Pourquoi le Zen séduit l'Occident
39. La civilisation des mots
40. L'angoisse de la mort est une grâce
41. La téléspiritualisation
42. Le Silence et la Grâce

Petit dictionnaire
Appendice 1 : Recherches actuelles
Appendice 2 : Étapes de la sublimation dans les diverses techniques
Notes


mardi 21 janvier 2014

1963 : Exercices de Yoga



Publié en 1963 aux Éditions du Mont-Blanc, collection « Action et Pensée ».
142 pages.


Réédition de 1968.



Table des matières :

Introduction.
I. Dhyana ou la méditation commune à tous les yogas
II. Les techniques du radja yoga
III. Correspondance entre les cakras, les plexus et les glandes endocrines. Les exercices de dynamisme et de sublimation
IV. La méditation vérifiée par l’électroencéphalogramme 


1959 : Les îles s'enfuirent, roman



Publié en 1959 aux Éditions Psyché, collection « Romans ».
236 pages.

Quatrième et dernier roman de la série Les Atlantides.

L'ouvrage est dédié « A / M. Roger JEANNIN, / Commissaire principal / de la Police de l'air. / Amicalement, / M. C. »

Quatrième de couverture.



Table des matières :

I. L'Accident
II. Mademoiselle Gensac
III. La famille Dupont, le Prince et Darmstadt
IV. Le Violoniste et la Polonaise
V. Mère et Fille
VI. P. S.


1954 : Le Scandale de l'Amour



Publié en 1954 chez Aubier, Éditions Montaigne.
286 pages.


Table des matières :

PREMIÈRE PARTIE : Les problèmes
I. Le paradoxe de l'amour
II. Psychologie et métaphysique du scandale

DEUXIÈME PARTIE : Le conditionnement biologique, sexuel et social de l'amour
III. Le dépassement de l'orgasme
IV. Le masculin et le féminin
V. La sexualité féminine

TROISIÈME PARTIE : Mythologie et histoire de l'amour
VI. Le mythe de l'éternité et de l'unité ou l'Androgyne originel
VII. Le mythe des âmes sœurs ou des rapports homme-femme
VIII. Tristan et Yseult
IX. La Magie et l'Amour
X. Le mythe cartésien et les valeurs viriles du contre-amour
XI. Les mythes de remontée de l'amour et les mythes de sublimation

QUATRIÈME PARTIE : La dynamique de l'amour
XII. Valeurs de joie et valeurs de destin
XIII. Le destin de la sexualité dans le sacrement du mariage
XIV. Les couples mystiques
XV. La sublimation


Le livre et la critique :

Louis Beirnaert in Études, juin 1954, pp.412-413 :

Les grands thèmes n'effraient pas M. CHOISY. Elle sait les renouveler. Une vaste culture qui s'étend de la physique à l'hindouisme, en passant par la psychanalyse et la mythologie, une étonnante faculté d'assimilation et je ne sais quel piquant et quel feu dans la présentation donnent à son ouvrage sur l'amour un tour très personnel. L'amour dont elle poursuit les manifestations, depuis l'attraction moléculaire jusqu'à l'union mystique, lui apparaît comme une grande force unique qui tend finalement à l'union avec le Tout : union indifférenciée. et anonyme dans l'extase charnelle, union personnalisée dans l'extase spirituelle des mystiques. M. CHOISY ne craint ni les mots ni les choses. Au risque de faire scandale elle accentue sans cesse la double réalité de l'amour, à la fois sexuel et spirituel jusque dans ses manifestations les plus sublimées. Son point de départ et son axe de référence, c'est l'amour passion. Point de vue intéressant qui permet de suggestifs rapprochements. On se demande parfois si elle a poussé assez loin l'analyse de tout ce qui se trouve d'imaginaire dans cette forme d'amour pour laquelle, ainsi qu'elle le rappelle : « aimer c'est s'abandonner à un être de la même nature que son destin ». L'amant ne risque-t-il pas alors de projeter sur l'autre son propre rêve ? Sommes-nous sortis du narcissisme ? Si l'amour n'est pas finalement amour de l'autre pour lui-même, comment peut-il aboutir à autre chose qu'à ce conflit dont la mort seule délivre ? Certes, M. CHOISY parle souvent de l'amour pour la personne de l'autre, mais il reste quelque ambiguïté dans sa conception : cet autre est-il pour l'amant le moyen de son extase passionnelle, ou constitue-t-il vraiment ce toi auquel je me donne et dont je reçois, dans la réciprocité d'un mouvement qui exclut à la fois l'identification et la séparation ? Mais peut-être pour en arriver là faut-il dépasser l'amour passion et en appeler à l'agapê, telle qu'elle se manifeste dans la Trinité chrétienne.
Au cours de son ouvrage, M. CHOISY est amenée à parler des valeurs propres à l'homme et à la femme. Elle ne ménage guère les valeurs viriles — de guerre et destruction —, qu'elle oppose aux valeurs féminines — de merci. Nous ne lui chercherons pas chicane sur ce point, bien que l'histoire nous montre des haines de femmes, aussi inexpiables que des haines d'hommes, et que le mythe lui-même nous présente dans les harpies, les erynnies, etc.. des figures féminines plutôt féroces. Il est certain que notre civilisation n'a pas jusqu'ici fait sa place à la femme. Maryse CHOISY le démontre brillamment. On peut se demander si elle ne va pas trop loin quand elle tend, par exemple, à présenter la fécondité sur le plan culturel comme un trait féminin, et la faculté créatrice de l'homme « comme une surcompensation à son envie d'enfanter » (p.. 125). Tout ce qu'il y a de bien en l'homme serait-il alors féminin ? ou du moins déclenché par le féminin, comme dans le cas de la femme inspiratrice ? Une tradition universelle et continue attribue pourtant la création au principe masculin. Par ailleurs, alors que le rapport de la femme à l'enfant se situe sur le plan biologique et naturel, le rapport de paternité, distingué dans toutes les sociétés du rapport de génération charnelle, se situe sur le plan de l'esprit et introduit l'enfant dans le monde spécifiquement humain de la culture, du logos. C'est le père qui reconnaît l'enfant et en fait un sujet de droit dans le monde social. La paternité transcende ici le biologique. Commentant le passage du matriarcat au patriarcat, Freud écrit : « Ce passage de la mère au père... marque une victoire de la spiritualité (Geistigkeit) sur la sensualité (Sinnlichkeit), et par là un progrès de la civilisation. En effet la maternité est prouvée par le témoignage des sens, tandis que la paternité est une acceptation (Annahme) fondée sur une conclusion et une hypothèse » (S. Freud, Gesammelte Werke, XIV, 221). D'où il suit que si la femme est bien comme le dit M. CHOISY l'intermédiaire entre l'homme et le cosmos, ce dernier, à son tour, est médiateur entre la femme et la société en tant que celle-ci transcende la nature. Tant il est vrai que l'homme et la femme sont tous deux indispensables à l'amour : le premier pour l'universaliser et en faire un facteur de civilisation; la Seconde pour lui donner son poids de matière, et sa palpitation cosmique.
On voit combien l'ouvrage de M. CHOISY suscite la réflexion. C'est là un grand mérite... du moins dans le monde des hommes. Faut-il ajouter que pour en tirer profit il faut être suffisamment formé ?

lundi 20 janvier 2014

1950 : Psychanalyse et Catholicisme



Publié en 1950 aux Éditions de L'Arche, collection « Commentaires ».
176 pages.


Table des matières :

Les catholiques devant le monde moderne
L'athéisme de Freud
La libido
Les sanctions des éducateurs
Déterminisme psychologique et liberté
Le sentiment inconscient de culpabilité et le dogme du péché
La responsabilité morale dans le traitement analytique
Aux confins du psychique et du spirituel
La psychénergétique des mythes et des archétypes
Les bénéfices que le catholique peut retirer de la psychologie des profondeurs


Le livre et la critique :

Louis Beirnaert in Études, octobre 1951, p.129 :

Mme M. CHOISY ne craint pas de traiter les sujets audacieux. Celui-ci était de taille ! Une fois de plus elle s'en tire avec brio. La confrontation entre la psychanalyse et le catholicisme requerra sans doute, pour aboutir aux distinctions et aux intégrations nécessaires, les efforts conjoints et patients de nombreux penseurs. Mais il est bon que des talents plus mobiles, devançant le gros de l'armée, s'en aillent battre quelques buissons de préjugés et tiraillent sur quelques erreurs ; surtout quand ils ne manquent pas de flair et savent au besoin pourfendre avec autant de pertinence que le fait M. Choisy l'ignorant qui croirait encore que la psychanalyse est un méchant ersatz de la confession. Ne prenons pas l'ébauche pour l’œuvre lentement mûrie dans l'ensemble et dans le détail. Mais pourquoi ne pas en faire notre profit ? Elle a le mérite d'exister, et elle est bien savoureuse.

1950 : Qu'est-ce que la psychanalyse ?



Publié en 1950 aux Éditions de L'Arche, collection « Commentaires ».
252 pages.


Table des matières :

I. L'adaptation au réel
II. La libido dans le développement affectif de l'homme
III. Ce qu'il faut retenir du complexe d'Oedipe
IV. Stades et rythmes de la croissance psychique
V. Le juge intérieur, les besoins somatiques et le sentiment d'insécurité du moi
VI. Le mécanisme du refoulement
VII. Le rêve
VIII. Le transfert dans la situation analytique
IX. Le silence peuplé du traitement psychanalytique
X. Psychothérapies actives
XI. Conseils à ceux qui veulent se faire psychanalyser
XII. Freud, Jung, Adler et les dangers de la psychanalyse


Le livre et la critique :

Louis Beirnaert in Études, janvier 1951, p.132 :

En écrivant de Maryse CHOISY qu'elle était « ferocemente freudiana », le P. Gemelli évoquait assez exactement un talent où la vitalité, le bond, la griffe aussi s'allient avec une fidélité foncière à la méthode du maître de Vienne. Le dernier ouvrage de la directrice de Psyché porte bien sa marque. Parfois discutable, il est toujours vivant et il se bat bien. C'est le cas de rappeler le mot de Péguy : « Une grande philosophie n'est pas celle qui n'a pas de vides, c'est celle qui a des pleins. » Les premiers chapitres résument heureusement ce qu'on a déjà pu lire dans l'Anneau de Polycrate. Ils sont moins originaux, encore que telles pages sur le besoin de sécurité sous-jacent au sentiment de culpabilité approfondissent les vues antérieures de l'auteur. Les développements qui suivent, sur « le transfert », « le silence peuplé du traitement analytique », « les conseils à ceux qui veulent se faire analyser » restituent et commentent, avec une verve qui n'exclut pas la sagesse, cet événement historique et choisi que constitue la cure.
L'ouvrage se ressent peut-être d'une certaine hâte de rédaction, mais il va bravement et brillamment son chemin jusqu'à un dernier chapitre sur Freud, Adler et Jung, où l'irénisme le cède en terminant à une distinction transparente entre « les forts en thème » qui « conservent comme un rituel les mots orthodoxes », et « les créateurs » qui « ne se battent pas avec des mots », car « ils ont, pour les survoler, des ailes ». Maryse Choisy a évidemment des ailes... Mais elle a dit trop de bien, et avec tant d'exactitude de la méthode freudienne, pour qu'on ne soit pas tenté de la ranger aussi parmi « les forts en thème ».


Pierre Salzi, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, janvier-mars 1955, pp.61-62 :

[Ce livre] est une initiation fort bien comprise en ce qu'il expose les principes, non sous une forme purement abstraite, mais au travail dans des expériences effectives. Les douze chapitres débutent avec la question de l'adaptation au réel : s'adapter à l'existence sociale, ce n'est pas devenir capable d'atteindre la moyenne, c'est montrer ses qualités personnelles au plus haut degré dont elles soient susceptibles. Le complexe d'Oedipe, les stades premiers du psychisme, les concepts du "cs", du moi et du surmoi sont exposés avec une clarté dont la précision est fondée sur les conclusions auxquelles ont conduit les nombreuses controverses entre orthodoxes et dissidents. Après le bon morceau que mérite l'interprétation des rêves, l'auteur résume les directives que le praticien doit suivre au long des séances, afin d'ajuster son comportement aux résistances, silences, transferts et abréactions du sujet. Ce raccourci suggère la complexité et la délicatesse du traiment psychanalytique.

1949 : Yogas et Psychanalyse



Publié en 1949 aux Éditions du Mont-Blanc, collection « Action et Pensée ».
270 pages.

Essai sur les techniques indiennes de la sublimation, 2e vol.

Table des matières :

Chapitre I : La psychologie du Radja yoga et ses techniques mentales
Chapitre II : Exercices pratiques et méditations du Radja yoga
Chapitre III : La physiologie pneumatique du Hatha Yoga, son hygiène et sa thérapeutique
Chapitre IV : Le réveil de la koundalini
Chapitre V : Correspondances entre les cakras, les plexus et les glandes endocrines
Chapitre VI : L'apport des yogas aux écoles de psychanalyse

1948 : La Métaphysique des Yogas



Publié en 1948 aux Éditions du Mont-Blanc, collection « Action et Pensée ».
252 pages.

Essai sur les techniques indiennes de la sublimation, 1er vol.

Avant-propos de Paul Masson-Oursel, directeur d'études à l’École des Hautes Études Orientales.
En frontispice, le yantra de Gâyatrî Devî.

Ouvrage reparu en 1962, en édition revue et augmentée (282 p.)

Table des matières :

Avant-propos de Paul Masson-Oursel.
Chapitre I : Introduction aux philosophies hindoues
Chapitre II : L'ontologie du vedanta, du samkhya et du djgnana yoga
Chapitre III : La métaphysique du mouvement, la cosmologie et l'évolutionnisme du Djgnana Yoga
Chapitre IV : La morale yoguique et le Karma Yoga
Chapitre V : Le panpsychisme du yoga et ses plans de conscience
Chapitre VI : La Çakti dans le macrocosme et dans la constitution des corps humains
Chapitre VII : La théorie du logos, du son et du rythme dans le mantra yoga

dimanche 19 janvier 2014

1948 - L'Anneau de Polycrate - De la culpabilité collective



Publié en 1948 aux Éditions Psyché, collection « Bibliothèque de Psychanalyse ».
342 pages.

Sous-titré plus précisément Essai sur la culpabilité collective et recherche d'une éthique psychanalytique.

Table des matières :

CHAPITRE I. La réalité des mythes
II. L'inconscient et la structure de la psyché
III. L'ambivalence fondamentale à la base du sentiment de culpabilité
IV. Champ d'amour sur champ de bataille
V. La culpabilité sexuelle
VI. Le carnaval des culpabilités et le mécanisme d'auto-punition
VII. Le cosmique dans l'inconscient
VIII. L'équilibre du succès et le complexe de Polycrate
IX. La signification biologique du mythe du sacrifice.
X. La loi du déplacement de l'équilibre et le bouc émissaire
XI. Les mythes qui guérissent la culpabilité collective


Le livre et la critique :
 
Louis Beirnaert in Études, février 1949, p.272 :
 
On connaît l'histoire de Polycrate, cet homme trop heureux qui sentit un jour l'obscur besoin de payer sa chance : il jeta à la mer son bien le plus précieux, un anneau d'or. Lorsqu'il ouvrit, le lendemain,la chair rose d'une murène que lui avait préparée son cuisinier, l'anneau était là. Le Destin ne s'était pas laissé payer à si peu de frais. Polycrate mourut crucifié.
Autour de ce mythe, Mme M. CHOISY a construit un essai brillant et coloré sur la culpabilité collective. Sa vaste culture nous promène de l'analyse freudienne aux dernières explorations des neurologues, du comportement d'Hector à celui de l'heureux joueur de Monaco, de la technique des yogis à l'ascétisme chrétien. Tel un miroir aux mille facettes, le thème choisi s'éclaire à tous ces feux. Et nous nous trouvons peu à peu entraînés vers la vision d'un monde dont la croissance se paye d'une destruction incessamment renouvelée. Quelle rédemption nous délivrera de la culpabilité collective ainsi engendrée ?
La dernière page tournée, le lecteur demeure ébloui de cette promenade, au sein d'un domaine qu'il connaissait mal ; un peu interloqué aussi de ne pouvoir ramasser en une seule les mille lueurs qui jalonnaient sa route. Mais faut-il demander à un ouvrage ce que l'on n'a jamais entendu y mettre ? Les médecins, habitués à plus de rigueur scientifique, grogneront sans doute, et avec eux quelques théologiens. Il ne faut cependant pas exiger que Merlin devienne Mentor ! Il est bon que, sur le plan de la culture, un vaste public non spécialisé, et bien souvent parfaitement ignorant des vérités de la foi, soit amené, par un ouvrage attrayant, à prendre conscience des affectives qui règlent obscurément nos démarches, et s'oriente, somme toute, vers la vision d'un univers dominé par l'amour et le sacrifice.


1946 : Amarella, roman




Publié en 1946 aux Éditions de Flore.
192 pages.